Le texte qui suit est un peu long mais il ne pouvait en être autrement.

Chers amis,

nous attendons la reprise des concerts avec impatience… Nous avions imaginé les choses différemment cette année mais la vie réserve toujours des surprises, bonnes et moins bonnes. En voici une mauvaise de plus mais fort heureusement suivie de la lumière qui vient toujours après l’orage. Je ne sais par où et comment commencer! Peut-être par: ”il y a des choses plus graves” ou ‘’c’est la vie’’… Bien que nous ayons vécu l’histoire que je vais vous conter comme une véritable catastrophe, nous avons pris un certain recul ces dernières semaines et nous pouvons vous annoncer ce qui suit avec sérénité.

Trois semaines après notre sortie de confinement, Ged nous a annoncé son souhait de quitter l’aventure Lazulienne. Nous avons reçu cette nouvelle comme on reçoit une vague de dix mètres en plein visage. Après avoir, incrédules, tenté de ‘’raisonner” notre ami, nous avons réalisé que sa décision était murement réfléchie. Nous nous sommes trouvés abasourdis, meurtris, amputés d’un membre mais après avoir pleuré le départ de notre frère de coeur et de route, après avoir pleuré sur notre sort, après être passés par toutes les couleurs, par tous les sentiments, après avoir même imaginé l’arrêt du groupe… nous nous sommes relevés. Claude et moi avons littéralement sombré mais Vincent et Romain, face à notre désarroi et malgré le leur, ont su trouver la force de nous tirer la tête hors de l’eau. C’est bien là la chance d’un groupe ; quand l’un d’entre nous s’apprête à faire naufrage, un autre allume un phare.

Ces 15 années passées aux cotés de Ged furent magnifiques et débordantes d’amour, aucune ombre au tableau, dans les bonheurs comme dans les tourments et sa résolution ne nous en a semblé que plus déroutante. Aujourd’hui, Ged a choisi une autre voie, éloignée de la musique et même si je regrette ce virage à 180 degrés, je ne me permettrai pas de juger sa décision. Force est d’avouer qu’un groupe n’est pas une prison et qu’en amour comme en amitié, à la porte il ne peut y avoir de clef.

Est-ce l’arrivée de la bestiole Covid et l’arrêt brutal de la tournée au mois de mars dernier qui ont influencé ses choix, je ne sais pas. Je sais juste que ces deux mois de confinement ont bouleversé pas mal d’êtres humains, ce fut le temps des questions existentielles pour certains et peut-être le temps de nouvelles opportunités et priorités.

Mon lyrisme et mon romantisme habituels, avaient imaginé que seule la mort pourrait nous séparer, mais j’ai été bien trop présomptueux (et c’est tant mieux 😉 En quelque sorte, le Corona virus a emporté le guitariste de Lazuli mais il n’a pas emporté Ged et c’est bien la seule chose qui compte. Relativisons, nous ne faisons pas exception dans l’histoire des groupes de Rock et malgré notre grande tristesse, il y a des choses bien plus graves sur cette planète par les temps qui courent.

Alors voilà, pour tout ce qu’il y a encore à partager avec vous et pour cette passion qui nous anime, nous avons trouvé une réponse incongrue à l’inéluctable 😉 Nous en avons vécu d’autres et nous en avons toujours tiré le meilleur. Comme je vous l’ai dit plus haut ”nous nous relevons’’ mais je ne croyais pas que nous le ferions si rapidement et si naturellement.

Bien évidemment, on ne remplace jamais ceux que l’on aime ou que l’on a aimé, mais notre coeur est toujours assez grand pour accueillir quelqu’un d’autre. C’est là que la magie intervient, comme une évidence! Romain nous a présenté Arnaud, un ami à lui, un jeune guitariste incroyable. Arnaud est un excellent musicien mais pas que, un bel être humain aussi!!! Sa fougue et son sourire nous ont mis du baume au coeur. Si Ged est unique, Arnaud l’est aussi; deux musiciens très différents, cela empêchera la comparaison 😉 

Cette année 2020 est décidément bien étrange mais Clo, Vincent, Romain, Ali, Elliot et moi sommes à nouveau prêts à reprendre la route (si la bestiole le veut bien!!!)

À présent nous embrassons tendrement notre ami Ged qui prend une nouvelle route, nous lui souhaitons tout le bonheur qu’il mérite et de notre coté nous nous remettons à la tâche, avec le besoin farouche de vous retrouver et de vous présenter Arnaud Beyney…

Prenez soin de vous,

Domi